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Exécution du Projet de transport Multimodal...nous sommes dans la bonne voie

420012_161013307352079_100003302321019_222997_249709723_a.jpg« Décaissement des fonds ou capacité d’absorption…j’ai fait mention de ces projets qui marchent bien, C’est le cas du projet de transport multimodal (PTM) qui intervient essentiellement sur la SNCC qui est une infrastructure et un système très important pour désenclaver la partie Est de la RDC ». Déclaration faite par le Directeur des opérations de la Banque Mondiale en RDC et au Congo/Brazzaville, Eustache Ouayoro, au cours d’une interview accordé au Journal Le Potentiel.

Intégralité de l’interview

Cinq questions à Eustache Ouayoro (*)

Par Faustin Kuediasala

1. La RDC est un pays particulier où les défis de développement sont énormes, ce qui représente un grand challenge pour le directeur des opérations de la Banque mondiale que vous êtes. Etes-vous prêt à relever ce challenge?

C’est un plaisir pour moi de me retrouver en RDC. Vous le dites bien, la RDC est un pays tout à fait particulier. C’est d’abord particulier par sa taille, troisième en Afrique avec plus de deux millions de km². C’est aussi un pays particulier par sa population, près de 71 millions d’habitants, 3ème en Afrique après le Nigeria et l’Ethiopie. La particularité, c’est aussi par le potentiel que ce pays regorge : les minerais, les forêts, l’eau, etc. Mais, on oublie souvent sa population, très dynamique, qui est aussi un grand potentiel. Je pense que pour moi, travailler en RDC, c’est un challenge, mais aussi une opportunité non seulement pour le congolais mais pour nous qui venons l’assister.

2. En termes de portefeuille, la Banque mondiale est certainement l’un des plus grands bailleurs des fonds de la RDC. Pour vous qui conduisez ses opérations, quels sont vos axes prioritaires ?

Effectivement, on a un portefeuille qui est important. On aurait souhaité qu’il soit encore plus important compte tenu des besoins qui sont immenses. Nous avons certes un portefeuille de près de trois milliards de dollars américains, mais à l’échelle de la RDC, c’est presque une goutte. Car, rien qu’en termes d’infrastructures, nous avons besoin de 5 milliards de dollars américains chaque année. Pour un pays continent où les infrastructures font défaut, l’axe prioritaire de nos interventions est dans le domaine des infrastructures, notamment au niveau de l’énergie, des routes, des chemins de fer, etc. Un des axes également sur lequel nous travaillons est l’agriculture. Nous intervenons aussi dans le domaine de la gouvernance, un secteur dans lequel nous avons des discussions avec le gouvernement. C’est important que nous appuyions la gouvernance non seulement dans le secteur des ressources naturelles, mais aussi dans les finances publiques.

3. On reproche souvent à la RDC de faire preuve d’une faible capacité d’absorption de fonds mis à sa disposition. A votre niveau, qu’est-ce vous pensez faire pour l’aider à s’améliorer ?

Je pense que concernant le décaissement des fonds ou la capacité d’absorption, il fait faire la part de choses. Car, il y a des projets qui marchent bien. Lors de mon intervention à la revue conjointe à mi-parcours BAD et Banque mondiale, j’ai fait mention de ces projets qui marchent bien. C’est le cas du projet de transport multimodal (PTM) qui intervient essentiellement sur la SNCC qui est une infrastructure et un système très important pour désenclaver la partie Est de la RDC. Nous avons également un projet sur la santé, le projet Parss, qui marche très bien. Nous avons également un projet qui s’appelle Purus qui concerne la réhabilitation des infrastructures urbaines, spécialement dans la ville de Kinshasa. Là aussi, il y a eu des progrès remarquables avec la réhabilitation à Kinshasa de 17 km de routes dans des quartiers enclavés. Toutefois, je reconnais qu’il y a des projets qui ont un certain nombre de difficultés pour décoller. C’est le cas du projet sur l’agriculture. Il y a aussi le projet sur l’éducation pour lequel il y a encore des progrès à faire. C’est aussi le cas pour le projet sur les forêts. C’est dire qu’il y a de projets qui marchent et d’autres qui ne marchent pas.

Nous travaillons donc pour régler certaines choses. En ce qui concerne la passation des marchés, nous avons aussi quelques difficultés, tout comme dans la planification des activités dans certains projets. Nous allons nous atteler à corriger ces dysfonctionnements. Toujours est-il qu’il faute reconnaître qu’en termes de décaissement, il y a eu des progrès considérables. Car, rien que dans la région Afrique, la RDC se classe en 2ème position après l’Ethiopie pour les pays qui ont un portefeuille de plus d’un milliard de dollar américain. Notre détermination est de faire mieux en réglant notamment le problème que nous avons sur la passation des marchés. Nous avons une série d’arrangements qui devait nous aider à aller de l’avant. Je pense que nous sommes dans la bonne voie. Les choses ne sont pas aussi mauvaises qu’on le croit.

4. Parlons des finances publiques. En 2008, la RDC a reçu une note négative dans l’évaluation PEFA. La prochaine évaluation est prévue en juin 2012. Pensez-vous que la RDC pourra sortir de la zone rouge ?

C’est ce que nous souhaitons. Vous avez raison de dire que l’évaluation dont on parle jusque-là était celle de 2008. A cette époque, les choses n’étaient pas bonnes. Tout le monde en est conscient, même les autorités du pays. L’évaluation de juin 2012 va nous aider à voir les progrès qui ont été accomplis dans la gestion des finances publiques. Dans tous les cas de figure, un plan d’action devait être mis en place entre le gouvernement et nous pour que la gestion des finances publiques soit la plus transparente et efficace possible. Il y a des progrès qui ont été faits, il faut maintenant en mesurer l’intensité.

5. Que pensez-vous faire durant votre mandat pour marquer votre passage en RDC ?

Mon objectif est que notre programme en RDC soit le plus efficace possible et, surtout, qu’il donne des résultats visibles. Mais, il s’agit également de faire en sorte que la gestion des finances publiques soit la plus transparente possible. Notre objectif est de faire en sorte que la RDC puisse tirer profit de ses ressources naturelles. Donc, mon objectif, ce n’est pas tellement de faire en sorte que la Banque mondiale soit présente en RDC, mais plutôt que le gouvernement multiplie ses ressources financières et que celles-ci profitent réellement à la population.

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